Respiration diaphragmatique & abdominaux hypopressifs: routine 7min pour activer ton intérieur et ta posture
- Jc

- 14 sept. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 17 sept. 2025
La reconquête de deux mécanismes physiologiques fondamentaux trop mal compris, souvent confondus. En quelques minutes quotidiennes, tu peux transformer ta posture, apaiser ton système nerveux et sculpter un core véritablement fonctionnel. Juste en respirant mieux.
Tu respires environ 20 000 fois par jour. Pourtant, la majorité de ces respirations se fait de manière automatique, inconsciente et parfois inefficace. Respiration thoracique haute, souffle court et rapide, apnées inconscientes devant un écran : autant de schémas qui sur-sollicitent ton système nerveux, créent des tensions cervicales et lombaires et réduisent ton oxygénation.
Résultat ? Tu accumules stress, ventre relâché, raideurs posturales et douleurs lombaires. Mais, bonne nouvelle! Quelques minutes par jour suffisent pour ressentir des effets tangibles avec moins de tensions, taille plus tonique, posture ouverte et mental apaisé.
Pas de magie, pas de trucs louches, on va apprendre à utiliser cette mécanique apparemment banale, mais tellement riche, et si vitale: la respiration.
On va parler de deux leviers puissants : la respiration diaphragmatique et les abdominaux hypopressifs. Ce ne sont pas des gadgets, mais de véritables régulateurs physiologiques qui impactent ton métabolisme, ta posture, ton système nerveux et même tes émotions.
Le diaphragme : plus qu’un muscle respiratoire
Le diaphragme est un muscle en dôme, situé entre cage thoracique et abdomen. À l’inspiration, il s’abaisse, créant une dépression qui aspire l’air dans les poumons. À l’expiration, il remonte, favorisant la sortie de l’air.

Sa fonction dépasse largement la ventilation : il masse les viscères, stimule le retour veineux et lymphatique et, avec le plancher pelvien et le transverse, forme un caisson de stabilisation qui protège ta colonne.

Le diaphragme sert aussi d’interface métabolique en régulant le CO₂, ce qui contribue à l’équilibre du pH sanguin et optimise la libération d’oxygène (effet Bohr, Bohr 1904). Attention, respirer trop rapidement, par exemple en tentant d’expulser un maximum de CO₂ (hyperventilation), déplace la courbe de dissociation de l’oxyhémoglobine et limite la diffusion d’oxygène dans les tissus. Si tu respires trop vite, ton corps patine comme une voiture qui accélère sur des graviers. En respirant lentement et régulièrement, chaque molécule est mieux utilisée. Une bonne oxygénation soutient la production d’ATP (adénosine-triphosphate), l’énergie cellulaire produite par les mitochondries.
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Le nerf vague, chef d’orchestre invisible

Le nerf vague est la principale autoroute entre tes poumons, ton cœur, ton tube digestif et ton cerveau. Une respiration diaphragmatique lente et profonde agit comme une commande biochimique. Le nerf vague s’active. Le rythme cardiaque ralentit, la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC ou HRV, “Heart Rate Variability”) augmente, ce qui est signe d’un système nerveux équilibré. Le système parasympathique réduit la sécrétion de cortisol, l'hormone du stress (Lehrer & Gevirtz, 2014).
Des travaux (Zeidan et al., 2010) montrent aussi que la respiration consciente renforce l’activité du cortex préfrontal (attention, régulation émotionnelle). Elle favorise la libération d’acétylcholine, neurotransmetteur apaisant qui réduit le rythme cardiaque et améliore la concentration, module la sérotonine (humeur) et diminue l’hyperactivation de l’amygdale (centre de l’alerte).
En d’autres mots, lorsque tu es en stress, ton thorax est serré, ton souffle court. En réapprenant à respirer bas, large et lent, une belle respiration diaphragmatique, tu donnes à ton cerveau le signal : “Le danger est passé, tu peux relâcher la vigilance”. Tu passes du mode “combat ou fuite” (système sympathique) au mode “repos et digestion” (parasympathique).
Les hypopressifs : un cousin complémentaire
Contrairement à la respiration diaphragmatique (oxygénation/relaxation), les hypopressifs visent la tonification profonde et la reprogrammation posturale. Les exercices d’abdominaux hypopressifs permettent de solliciter la sangle abdominale grâce à un travail respiratoire adapté.

Ils se pratiquent en apnée expiratoire, glotte fermée, via une fausse inspiration thoracique : les côtes s’ouvrent, le ventre se creuse passivement, la pression intra-abdominale diminue.
On ne cherche donc pas à rapprocher épaules et bassin (crunch). On ne veut pas stimuler le grand droit, ni les obliques. On décompresse et on engage les abdominaux profonds sans pousser les organes vers le bas.

Les objectifs sont divers: réduire la pression intra-abdominale, tonifier le plancher pelvien, prévenir les descentes d’organes, utiles en rééducation post-partum (Caufriez, 1997).
Tant que les principes fondamentaux sont préservés, il y a plusieurs positions possibles.
Sur le dos
Bassin neutre (ni cambrure exagérée ni écrasement).
Expiration longue, puis zip 2–3/10 sans bloquer la respiration.
Mains sur côtes : sentir l’ouverture latérale quand tu respires à nouveau.

Assis
Sommet du crâne haut, menton doux, côtes basses (pas d’arc thoracique).
Expire long, zip 2–3/10, respire petit et calme en gardant la posture.

4 pattes
Colonne longue, nuque dans l’axe, omoplates glissent vers les poches.
Expire, zip 2–3/10 sans arrondir le bas du dos, respiration silencieuse.

7 min au quotidien pour activer ton intérieur et ta posture
La respiration diaphragmatique et abdominaux hypopressifs se complètent superbement pour une routine bien-être quotidienne de quelques minutes. Et c'est suffisant!
Pour éviter d’enchaîner les exercices en mode “automatique” et passer à côté du vrai bénéfice, je te propose cette routine quelques minutes. Au bout de quelques semaines, tu ressens que tes côtes s’ouvrent mieux et le souffle est plus long.
Prise de conscience (1min)
(𝓲) Objectif: Prendre conscience de ton schéma respiratoire et servir de baromètre de progression.
Mains sur les côtes, vérifie que ventre, côtés et dos bougent à l’inspiration (pas seulement le haut du thorax)
Souffle par la bouche comme dans une paille, épaules lourdes, cou détendu
En fin d’expiration, ressens le léger “zip” abdominal sans apnée forcée. Imagine fermer une fermeture éclair du pubis vers le nombril (intensité 2–3/10). C’est l’abdo profond qui s’active.
Respiration Diaphragmatique (2min)
Inspire par le nez sur 5 temps, aligné à ton rythme cardiaque
Place tes mains sur les côtes, sens-les s'ouvrir: côtes en parapluie, dos qui s’élargit, épaules lourdes
Expire doucement par la bouche comme dans une paille (6 temps)
Hypopressifs (2min)
Positions au choix : 4 pattes / assis / allongé genoux fléchis
Vide tout l'air, sans crispation, ferme la glotte pour empêcher l’air d’entrer
Exécute une fausse inspiration thoracique en apnée en gardant la glotte fermée
Pendant cette inspiration hermétique, crée un vide abdominal en laissant le ventre se creuser passivement et continue d’ouvrir les côtes au maximum, sans laisser rentrer d’air
Maintiens pendant 10-20 secondes selon tolérance
Relâche doucement (10 temps)
Répète 3-4 fois
Reset postural (2min)
(𝓲) Objectif: “Reprogrammer” ton corps dans sa position ouverte en créant une mémoire posturale après les exercices de respirations. Cela permet de réduire les tensions cervicales et lombaires en rappelant au corps ce qu’est une posture neutre. Sans ce reset, le corps revient en quelques heures à ses schémas fermés (dos voûté, respiration haute).
Pieds nus
Debout contre un mur : tête–cage–bassin alignés, pieds sous les hanches
Inspire par le nez
Expire longuement, en abaissant doucement les côtes
Répète 3-4 fois
Ancrage debout (1min)
(𝓲) Objectif: Ancrer la respiration et l’engagement profond (transverse, plancher pelvien) dans la station debout pour transférer la stabilité posturale (pieds bien répartis, micro-activation du transverse à l’expiration) dans la vie de tous les jours. Le but est d’installer le signal simple que lorsque tu expires, ton “zip” abdominal s’active. C’est un automatisme au quotidien.
Pieds nus
Respiration nasale calme
À chaque expiration, recherche le zip abdominal (2–3/10) sans bloquer le souffle
Ressens la répartition du poids (avant/arrière, gauche/droite)
Contre-indications & sécurité
Le travail abdominal hypopressif est à éviter en cas de grossesse avancée, hypertension artérielle non contrôlée, pathologies cardiaques sévères, hernies, pathologies cardiovasculaires décompensées, vertiges/glaucome et, en post-partum, fais-toi accompagner par un spécialiste formé pour une rééducation correcte en toute sécurité.
Références
Bohr, C. (1904). Über die Lungenatmung. Skandinavisches Archiv für Physiologie.
Jerath, R., Edry, J. W., Barnes, V. A., & Jerath, V. (2006). Physiology of long pranayamic breathing. Medical Hypotheses.
Zeidan, F., Johnson, S. K., Diamond, B. J., David, Z., & Goolkasian, P. (2010). Mindfulness meditation improves cognition. Consciousness and Cognition.
Lehrer, P., & Gevirtz, R. (2014). Heart rate variability biofeedback: how and why does it work? Frontiers in Psychology.
Walker, M. (2017). Why We Sleep. Scribner.
Caufriez, M. (1997). Méthode hypopressive et rééducation posturale.

